Edité par Lilyan Kesteloot, Amadou Hampâté Bâ, Christiane Seydou, et Alfâ Ibrâhîm Sow
Collection Classiques Africains. Paris. Armand Colin. 1974. 149 p.
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Janngo mi yeewoowo kammu. 56 Naange leloo, carfe naatta. Duule ngaɗan baage baage, yoga bula baka, yoga boɗeeje, yoga waya hono piindi delbi! — Lootori! Lootori, cofe mboyii boosaaji ŋofii! Wakkati ndeen sewre ŋaara : 57 uji ana ugga ana jagga; nyalbi na kuuna, bey ngulla; durooɓe ana njaha na ngarta; pooli na mbeeya dowtooji! — Lootori! Lootori, pooye metii nimre sowii! Duko ɗaaniima dow maayo; 58 pooli jimminii e dow leɗɗe; fay duko liɗɗib nanataake. Puluuru jali puukaaɗo! Puccu hoyɗi Saja-saare! — Lootori! Lootori, lootoyo-ɗen lootori! Loonnuɓe lootiiɓe buli. 59 Mi hawrii e surbaaɓe ci'e, ana njala ana njaada gese; caggal defi dewti tilii, njaha nyammina worɓe kala. — Lootori! Lootori, lootoyo-ɗen lootori! |
Demain, j'observerai le ciel. Le soleil se couchera et ses rayons s'en iront. Diaprés, les nuages seront les uns bleu indigo, d'autres rouges, et les autres comme fleurs d'acacia ! — Lootori ! Lootori, les coqs ont chanté et les chiens jappé ! À ce moment,je troupeau, à pas lents, s'avancera les étalons-bovins mugiront, martelant le sol ; les génisses beugleront, les chèvres bêleront ; les bergers feront des va-et-vient tandis que planera l'escorte des oiseaux! — Lootori ! Lootori, le jour brille et les ténèbres se replient ! Le bruit s'est endormi sur le fleuve ; les oiseaux, sur les arbres, penchent la tête ; on n'entend même plus le bruit des poissons. Le tétrodon se moque de l'hernieux ! Le cheval rêve de Saja 1, la ville ! — Lootori ! Lootori, allons nous laver au bain rituel ! Les lavandières se sont lavées et ont bleui [les vêtements]. J'ai croisé les jouvencelles des hameaux ; elles riaient et ensemble se rendaient aux champs ; après qu'elles eurent bien cuisiné, elles s'en allaient nourrir les hommes ! — Lootori ! Lootori, allons nous laver au bain rituel ! |
| Notes a. La forme verbale attendue est wa'a. b. On trouve également liƴƴi et, dans certains parlers orientaux li'i. |
Notes 1. On dit que tout cheval, dès qu'il est tranquille, rêve de Sadia, la ville où se trouvent réunies les iiieilleures conditions pour l'élevage des chevaux. |